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Homme objet, c’est pas si mal.

Souvent, un petit câlin affectueux prend de l’ampleur. Nos effleurement se font plus pressants, nos respirations deviennent plus profondes. L’excitation, comme une boule de feu, grossit peu à peu au bas de mon ventre. Sur lui, j’observe la tension progressive du tissu entre ses jambes, et je caresse doucement cette érection naissante tandis qu’il ferme les yeux. Enfin je le libère pour toucher sa peau et lui fait courir un doigt là ou mes grandes lèvres se rejoignent. J’en sursaute tant le frisson est intense. Je lui dis que j’ai envie de jouir avant qu’il me pénètre. Doucement je me tourne sur le dos. Il a compris mon petit sourire et se hisse sur moi puis colle son sexe gonflé et chaud contre le mien, qui est dans le même état.

Je l’empoigne et commence à jouer avec son sexe. Je le fais courir tout le long de ma vulve, de plus en plus humide. J’ondule et fais rouler mes hanches pour accentuer le mouvement. Lui, en appui au dessus de moi, me sourit et me regarde prendre du plaisir. Je vois néanmoins des vagues de plaisir troubler son regard. Il m’a fallu du temps pour oser me laisser aller à ce genre de plaisir. Avant, je me sentais trop vulnérable dans cette position. A présent je peux m’offrir à lui sans détour. Les frottements ont beau être infimes pour lui, me voir me masturber avec son sexe l’excite au point que cela suffise à le faire venir parfois. Pour moi, il résiste à l’envie d’avancer un peu plus pour se glisser à l’intérieur de mon corps. Merci mon amour…

Je quitte ces pensées pour me concentrer sur mon ressenti. Son gland d’une extraordinaire douceur fait rouler mon clitoris. Je varie les mouvements, parfois rapides, parfois lents, lui appuie de temps en temps un peu plus fort en se serrant contre moi. Enfin, je sens que je ne peux plus me retenir et je jouis longuement, contre son sexe dégoulinant de cyprine, pendant qu’il m’admire. Avant que le plaisir ne retombe, je l’enserre de mes jambes et le tire plus près de moi, enfonçant son membre en moi. Je profite des sensations de la pénétration décuplées par mon orgasme et le sens déjà tout près de l’extase. Il fera durer notre étreinte encore un moment pour que nous en profitions davantage, avant de se laisser à son tour emporter par la jouissance.

La prochaine fois, c’est moi qui te regarderai te caresser.

-Wulfila

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récit

Martine en été

Chaque été, c’est la même chose. Les filles aèrent leurs jambes épilées, les mecs exposent les mycoses de leurs pieds, et Martine chausse ses lunettes noires pour mater. Au calme. Et elle a de la chance parce que cette année, le très écolo H&M (attention, ça se prononce « hache et aime ») ne s’est pas foulé sur la longueur des shorts. Avec les fonds de tissus de l’an dernier, ils ont réussi l’exploit de démocratiser le short Beyoncé.
Le short Beyoncé, c’est quoi, demandez-vous à Martine ? Elle est sympa, elle vous répond : En fait, c’est un slip que si t’es jolie et que tu le portes avec un haut sympa, ça s’appelle un short. Mais que si t’as gardé les poils et que tu t’appelles Jean-Claude, y a les flics qui t’embarquent, parce que c’est plus un short.

C’est la loi. Les femmes enlèvent le bas, les hommes enlèvent le haut, les trans se démerdent, et dans tout ça, Martine a chaud. Dans le pays où Martine est née (là-bas, plus exactement), il fait chaud du 21 juin au 20 juin. Alors, comment on sait que c’est l’été ? demandent souvent à Martine, les héritiers de la dynastie Groçon (vous savez, ceux qui ont inventé la cédille !). Et Martine, dans sa bienveillance, de leur répondre : « Le savoir est une arme, maintenant tu sais. Le savoir est une arme, bébé, ne l’oublie jamais ». Oui, Martine est née dans les années 80. Oui, elle a été témoin des déboires de la mode féminine des années 90. De Paris à Bamako, le nuage n’a épargné personne.

La peau de Martine a la couleur du chocolat, mais apparemment personne ne veut croquer dedans. Son minou est un Oreo (parfois tout sec, parfois crémeux, ça dépend de l’accompagnement), mais la vérité, pour le bouffer, y a pas foule au balcon.

Martine se demande si ça va encore durer longtemps. C’est quand même pas normal qu’en cette saison chaude, elle soit la seule à être en chaleur. Tout l’hiver, les filles sont déjà difficiles à avoir, elles veulent d’abord te connaître, répondre à tes textos une fois tous les six ans…
Alors pour maximiser ses chances de serrer, Martine se retrouve à chasser dix chattes à la fois. Quant aux lapins, c’est même pas la peine, ils font moins les malins quand elle enfile son strapon.

En attendant, Martine se contente d’Ava, la version française et encore plus dégueulasse de la butch d’Orange y ze nous black. Ava. Il faut être jolie pour s’appeler Ava, non ? Pas celle-là, en tout cas. Ava n’est pas une perle, mais elle adore les Oreo. Elle bouffe celui de Martine à n’en plus finir, à un endroit où Martine ne la voit pas. Tout est lesbien dans le meilleur des mondes.

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Un texte de Jo Güstin, illustré par Lys Argente.

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Illustration récit

Fruit défendu

Je commençais par le prendre en main, soupesant le poids de cette chair gorgée de promesses. Je tirai doucement sur sa peau fine, d’un rose délicat, comme perlé, irisé et moiré, à la fois si frêle et protectrice. C’était cette peau qui recouvrait le fruit tant convoité. Je sentais sa moiteur qui la rendait encore plus chatoyante, chaque reflet de la lumière tamisée s’y attardait comme sur un bijou. Joyau qui serait bientôt mien.

Au fur et à mesure que mes mains s’attelaient à découvrir la chair ferme et souple avec autant de dextérité que possible pour ne pas risquer d’abimer son corps, je découvrais sa texture délicate et veloutée. Son odeur ambrée et épicée devenait de plus en plus entêtante me mettant l’eau à la bouche.

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fanzine récit

Si tu avais su me séduire

(production extraite du fanzine Q6 sur la drague et la séduction.)

Il est une heure du main, j’ai attrapé de justesse le dernier métro, trop heureuse de ne pas passer une minute de plus avec ce type qui me bavait dans le cou il y a encore une demi-heure.
Ça pour un rencard raté, c’est un rencard raté. La tequila n’a pas aidé. Demain je vais encore une fois me réveiller vaseuse et fatiguée, et l’enfoiré m’aura fait perdre une journée en plus d’une soirée.
A moitié endormie contre la vitre, je remâche ma haine de ces idiots sans savoir-vivre. Il aurait pu… il aurait dû …

Jouer d’autres atouts.

Moi ce qui me séduit chez un homme, c’est son cerveau. J’aime l’humour acide, les traits d’esprit qui partent comme des carreaux d’arbalètes. Rien ne me plaît plus que d’entendre dans la bouche de mon compagnon de terrasse une plaisanterie du genre que j‘aurais pu faire, mais que je n’avais pas osé sortir. Ou mieux, une référence à un obscur bouquin.
J’ai fondu pour un type qui faisait facile deux têtes de plus que moi. Parce qu’alors qu’on marchait dans les rues il m’a désigné nos ombres en me glissant « David et Goliath ». Je lui ai rappelé que David a fait choir ledit Goliath, il m’a regardé avec l’air surpris, je l’ai regardé pareil, et assez vite on a décidé d’échoir sous les mêmes couvertures.
J’ai aussi sauté une fois sur un mec qui, sur l’oreiller, me parlait de son blog sur lequel il s’efforce de créer des textes qui font appel à tous les sens, comme de la poésie contemporaine. Rien à foutre qu’on vienne à peine de finir le câlin, précédent, il me fallait cet homme, immédiatement.